Ce qu'il y a de bien, avec un blog cycliste à Marseille, c'est que les titres peuvent resservir. Regardez celui-là : il a plus d'un an, il n'a pas pris une ride, on lui rajoute un "(toujours)" et il ressert : à part nous, et de façon très symbolique, personne n'a toujours posé la moindre goutte de peinture sur les Prados pour rendre à nouveau visible les pistes cyclables, depuis la création du CCE en juin 2010.
Bref, On s'était juré de ne pas la rater, cette année non plus, la venue de nos petites copines chlorophylliennes ! Même si cette année on les trouve plus discrètes (photos à l'appui) que l'an passé. Ca commence donc assez modestement, planqué contre la sortie du métro Périer.
Eh oui ! Après un temps trop sec pour leur advenue en avril, un long week-end pluvieux a enfin reboosté un peu nos chères plantes adventices, de retour comme chaque année, même si (elles font ce qu'elles peuvent), elles ne couvrent pas aussi bien les surfaces que la dernière fois, au printemps 2011.
Il faut croire que le maire de secteur, notre cher Dominique Tian, historiquement vélophobe, et plus récemment, dragueur éhonté du Front National, n'a pas manqué d'envoyer ses équipes débroussailler le tout, à coup d'on-ne-sait-quel-herbicide toxique : les plantes sont manifestement contrariées sur le Prado 1.0.
Après tout, c'est Jean-Claude Gaudin (et non lui) qui a signé le Pacte du Développement Durable de Hulot (ha, ha) en 2007, ça ne l'engage donc pas personnellement à faire de l'écologie urbaine, il a déjà fort à faire à draguer l'extrême-droite pour être réélu ! Quoi qu'il en soit, elles résistent vaillamment, nos plantes, et si jamais "on" les oublie cette année (peut-être déprimé par une déculottée électorale ?), elles repartiront mieux l'an prochain !...
Mais pourquoi évoquer les racines nationalistes toxiques du FN devant une jolie petite mauvaise herbe qui n'a rien à voir, nous direz-vous ? Eh bien notamment, parce que la chauffardise a toujours fait partie intégrante du programme du Front National : contre les limitations de vitesse, contre les amendes, contre les radars... et pour la liberté totale de circuler sans entrave, sans se laisser emmerder par des cyclistes qui, selon eux, sont naturellement des gauchistes attardés et/ou des voyous.
Donc, ces gens (et ceux qui les courtisent) sont des ennemis objectifs de la circulation à vélo à Marseille comme ailleurs, CQFD : quand on vous dit que tout est politique ! Mais oublions ces tristes sires et saluons cette bien belle éruption graminéenne qui s'épanouit, le croiriez-vous, au Rond-Point du Prado, narguant un enfer bagnolard absolu !
Sans pour autant réussir à nous transporter dans un champ en pleine campagne à elle seule, elle arrive tout de même, si on se place bien, à rendre moins moche le passage des voitures ! Les sages nous enseignent qu'il faut vénérer la Nature (certains d'entre eux l'appellent la Création), même dans ce qu'elle a de plus modeste...
Et c'est sur le Prado 2.0, sans doute moins bien intoxiqué au Régent/Gaucho/Roundup par les forces ouvrières municipales l'an dernier ("Eh, oh, le bidon était vide et il était 16 h 25, on allait pas repasser au garage quand même !"), que les plantes s'épanouissent vraiment davantage, comme ici, le long du chantier de l'aspirateur à bagnoles de Prado Sud.
Malgré une place restreinte (l'aménagement actuel, totalement débile et dangereux, mériterait bien un post d'ailleurs, rappelez-le nous !), les plantes font ici preuve d'un beau dynamisme et luttent, avec leurs petites armes, contre la grisaille macadamière. Nous leur en savons gré, de nous permettre de voir un peu plus de vert dans la ville !
Et puis bien sûr, si on laisse faire un arbre, il n'a besoin de personne pour générer de beaux rejets qui, eux aussi, viennent joliment occuper l'espace et même, c'est toujours ça de pris, masquer un peu les petites et grosses commissions de Youki, qui sont nombreuses dans le quartier.
Alors certes, bien sûr, bien sûr, c'est pas un parc national, mais bon, on s'en contente... Voir la petite guérilla que mènent les mauvaises herbes contre le bitume craquelé suffit -oui c'est vrai, il nous en faut pas beaucoup - à nous arracher un sourire !
Et voici donc ce qu'on peut voir en ce joli mois de mai 2012, si on le veut bien et qu'on est pas enfermé dans une bagnole, autour de plusieurs arbres vers les n°300 du Prado : une déflagration jaune d'or, du plus bel effet. Continuez, les filles, on vous aime. Un jour, c'est promis, on élira un maire qui, comme à Strasbourg, s'engagera à ne plus utiliser d'herbicides en ville !
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Dans ce cas, deux voitures (seulement !) sont arrêtées
pour déposer des personnes. Conséquence : les cyclistes doivent obligatoirement revenir sur la route !
Soit je ne connais plus mon code, soit on dirait bien
que la peinture verte sert à délimiter les places de stationnement... Il est important de noter que, sur cette zone, les autorités ont verbalisé une seule fois en 9 mois. En me renseignant auprès
de ces policiers en action, j'ai appris qu'un cyclomoteur s'était fait renverser le jour précédent à cause de ces véhicules mal stationnés.